La sierra de guara

La Sierra de Guara est une chaîne extérieure calcaire située au sud des Pyrénées, en Espagne. La présence humaine remonte au paléolithique, les hommes profitaient alors des nombreux abris naturels des falaises. Pendant des milliers d’années, une vie rurale s’y développe doucement. Aucun homme jusqu’alors ne s’aventure dans les profondeurs des canyons. Longtemps territoire inconnu et redouté, c’est dans les années 1960 que, séduits par les récits et les images du débuts du Siècle de l’explorateur Lucien Briet, des montagnards et spéléologues découvrent avec un matériel rudimentaire, les plus célèbres gorges de la Sierra de Guara.

 

Ces pionniers du canyoning ne se doutaient pas de la suite : exode rural et désertification de villages entiers, effervescence médiatique et touristique dans les années 80, création du Parc naturel, développement d’associations de protection de la nature…

PARC NATUREL DE LA SIERRA ET DES GORGES DE GUARA

LE PARC NATUREL

Définition: territoire ayant choisi un mode de développement basé sur la mise en valeur et la protection de patrimoines naturels et culturels considérés comme riches et fragiles.

En 1990, alors que la région est déjà célèbre pour le canyoning, la Sierra de Guara est classée Parc Naturel. Ce petit îlot sauvage, perdu entre la plaine de Saragosse et la haute chaîne des Pyrénées, bénéficie alors d’un cadre de protection stricte.

 

Quelques infos géographiques :
– Région : Province de Huesca, Haut-Aragon.
– 6 rivières coupent le plateau dans l’axe Nord-Sud : le Flumen – Rio Formiga – l’Alcanadre – le Mascun – L’Isuala – le Rio Vero.
– Climats : méditerranéen et océanique.
– Altitude : entre 430 et 2077 mètres.
– Point culminant : le Tozal de Guara.
– Géologie : roche sédimentaire, principalement calcaire et conglomérat

 

Quelques restrictions du Parc Naturel de la sierra et des gorges de Guara :
– Il est interdit de bivouaquer.
– Il est interdit de faire du feu.
– Le nombre de participants dans un groupe de canyoning est limité.
– Certains canyons sont interdits du 1 janvier au 30 juin en raison de la nidifications des oiseaux.

 

Les missions du Parc Naturel :
– Préserver et valoriser les patrimoines naturels et culturels,
– Favoriser le développement économique et la qualité du cadre de vie,
– Aménager le territoire,
– Informer et sensibiliser les habitants et les visiteurs,
– Conduite d’actions expérimentales ou innovantes.

 

FAUNE ET FLORE DE SIERRA DE GUARA

La plus grande partie du versant sud est dominée par la garrigue, favorisée par un climat méditerranéen (chaud et sec en été, puis doux et humide en hiver). Une flore riche composée classiquement de thym, romarin, sarriette, chênes verts, buis…, ainsi que de nombreuses variétés endémiques dont la Petrocoptis guarensis. Une faune typique de ces climats s’y développe également, comme le renard, le sanglier, la fouine, mais aussi des troupeaux de chèvres devenues sauvages après le départ des familles qui habitaient sur le plateau nord de la Sierra de Guara (Otin, Nasarre…).

 

Le parc de la Sierra de Guara est devenu un refuge pour de nombreuses espèces d’oiseaux, de mammifères, de reptiles, d’amphibiens et d’insectes. Plus de 160 espèces d’oiseaux sont présents et parmi les plus emblématique, le vautour fauve, le gypaète barbu, l’aigle royal, le vautour percnoptère… Les amoureux d’ornithologie ne manqueront pas le spectacle des vautours fauves, nourris tous les samedis matins par l’association Fondo amigos del buitre à Santa Cilia. Attention, il est nécessaire de s’inscrire à l’avance pour y assister.

LES VILLAGES DE SIERRA DE GUARA

RODELLAR

Après 18 kilomètres de virages, on arrive enfin au petit village de Rodellar. C’est un chapelet de vieilles maisons accroché à la montagne et surplombant le canyon du Mascun. Spot d’escalade mondialement connu, c’est aussi le lieu de départ de célèbres canyons et de chemins de randonnées. Pour dormir et/ou se restaurer : le refuge du Kalandraka, le camping du Mascun, l’apparthotel Valle de Rodellar, entre autres…
– Nombre d’habitants : 50
– Altitude : 761 m

ALQUEZAR

La visite classique à réaliser durant votre séjour en Sierra de Guara ! Alquézar est un village médiéval restauré autour d’un ancien monastère perché sur un éperon rocheux. Une balade à travers ses ruelles étroites et sinueuses vous plonge dans un décor de cinéma. Point de départ du fameux Rio Vero. Il existe beaucoup d’options pour s’y restaurer et trouver un hébergement.
– Nombre d’habitants : 310
– Altitude : 660 m

OTIN

Abandonné depuis les années 1970, ce village planté sur le rebord du canyon du Mascun est exceptionnel par sa situation. Pas de route n’y conduit, à part une piste forestière. On y accède en une heure et demie par un chemin de randonnée depuis Rodellar au terme d’une montée raide sur les flancs du Mascun. Ce village est composé d’une trentaine de maisons en ruine, où s’organisait d’antan une vraie vie rurale coupée du reste du monde. Le dernier habitant, Manolo, qui tenait le bar du village, a quitté les lieux dans les années 1990. Depuis, les chèvres et les boucs ont investi les maisons. C’est le point de départ du canyon du même nom.
– Nombre d’habitants : 0
– Altitude : 1075 m

BIERGE

Au coeur de la Sierra de guara, Bierge est un village espagnol calme et authentique. Son église imposante domine le village qui s’étale dans les champs de blé, d’oliviers et d’amandiers. C’est un village qui produit notamment de l’huile d’olives, des amandes, des glaces artisanales… On y trouve quelques hébergements paisibles.
– Nombre d’habitants : 260
– Altitude : 600 m

NOCITO

Blotti entre la partie nord de la Sierra de Guara et les Pyrénées, Nocito, petit village de montagne est un véritable “bout du monde”. Il existe un camping. Attention, nous ne partons pas de ce village pour les sorties en canyon.
– Nombre d’habitants : quelques uns
– Altitude : 930 m

NASARRE

Sur la longue marche d’approche du Gorgas Negras, on passe ce village lui aussi abandonné depuis l’exode rural des années 70. Perdu en plein coeur du Parc Naturel de la Sierra de Guara, il ne reste qu’une vingtaine de maisons en ruine dans un paysage de terrasses autrefois cultivées. L’attrait de ce village : une église rénovée que l’on peut visiter librement et qui offre une vue imprenable sur le plateau désertique.
– Nombre d’habitants : 0
– Altitude : 1186 m

UNE PENSÉE ÉCOLOGIQUE

Notre passage dérange et dégrade cet écosystème par le nombre croissant de personnes qui pratiquent le canyoning, mettant en danger un équilibre naturel fragile. Alors si nous voulons continuer à contempler cette nature, il nous faut la protéger.

UNE PRISE DE CONSCIENCE INDISPENSABLE

La principale nuisance de l’homme en combinaison est le piétinement. En effet, nous marchons souvent sur une gravière, au début et à la fin d’une vasque où l’on peut nager. Cet amas de galets et de petits cailloux est le refuge naturel de nombre de larves, œufs d’insectes, de poissons, de crapauds et de petits serpents aquatiques. L’oiseau cincle-plongeur vient traquer cette faune, tandis que dans l’eau la truite ou la féroce larve d’odonates qui deviendra une jolie libellule, chassent dans le courant des cascades. On pourrait continuer longtemps à décrire la vie animale et végétale de ce parc, à énumérer les habitudes des animaux du milieu aquatique de la Sierra, tant la biodiversité grouille sous nos yeux, mais aussi sous nos pieds …

 

Il existe aussi une autre forme de pollution, moins visible et plus compliquée à appréhender : les nuisances chimiques. Par exemple : les semelles des chaussures, renforts des combinaisons qui s’effritent, mais aussi crème solaire qui pollue la surface des vasques et tue les gerris, autrement appelées araignées d’eau.

 

UNE CHARTE ECO-RESPONSABLE

Niveau 1 : Pratiques professionnelles de bon-sens 

  • Respecter les règles du Parc Naturel de la Sierra de Guara.
  • Sensibiliser les groupes à la fragilité des écosystèmes que nous traversons. Informer sur la faune & la flore des canyons.
  • Véhicules : Proposer des canyons les plus proches possibles des lieux d’hébergement et optimiser les rendez-vous aux abords des canyons, afin de réduire les trajets en voiture.
  • Privilégier les marches d’approches pour réduire les navettes en véhicules.
  • Utiliser des produits biologiques à base d’huiles essentielles pour le lavage des combinaisons néoprène.
  • Ne plus utiliser de crème solaire juste avant une immersion dans l’eau.
  • Ramasser et rapporter les déchets.
  • Ne pas toucher aux parties fragiles des canyons et notamment les tufs calcaires des sources.
  • Emprunter les chemins sur les berges pour éviter le piétinement des gravières quand cela est possible.

 

Niveau 2 : Calcul d’impact

  • Évaluer notre impact sur la faune & la flore des canyons, par la mise en place de statistiques sur la fréquentation des canyons, par saison touristique.
  • Fédérer un maximum de partenaires, entreprises de canyoning et autres, autour de cette thématique par l’intermédiaire de l’association des guides de Sierra de Guara.

 

Niveau 3 : Processus économique raisonné 

  • Définir des zones de réensauvagement des rivières : tronçons non proposés pour l’activité canyoning.
  • Limiter notre activité économique : ne proposer qu’un seul groupe par guide et par journée.
  • Et pourquoi pas, créer un fond d’investissement collectif destiné à la protection des écosystèmes des rivières.

Contact

• PAR TÉLÉPHONE :  07 84 38 39 81

tel

 

Je m’appelle Sam, coordinateur et moniteur du Sens de l’Eau et je me ferai un plaisir de répondre le plus clairement possible à vos questions.

Nous répondons à tous vos messages dans les 24h.

 

Si vous n’avez pas reçu de réponse dans ce délais, vérifiez dans le dossier courriers indésirables de votre boite mail et/ou contactez-nous directement par téléphone.

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